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  • Marie Laure

Les dérives de Mon bateau


Quand je rame entre mes envies et ce qui me semble juste,

je me retrouve face à des dilemmes qui occasionneront systématiquement des pertes, En effet, quand j’ai un choix à faire, je laisse nécessairement quelque chose de côté ou cède obligatoirement quelque chose, concrètement ou symboliquement,

Généralement, nous parlerons "d'erreur", si notre choix ne s'oriente pas dans le sens de ce que nous désirions, alors qu'une notion de perte est nécessairement en jeu. Plus dure à accepter ou reconnaître, mais que notre instinct d'autoprotection cherchera à minimiser ou relativiser. Et, c'est tout naturel...

Nos vies sont composées de ce genre de dilemmes, de conflits internes ou externes qui nous demandent de nous positionner, de justifier nos décisions tant vis à vis de nous que des événements qui viennent à nous, (personnes ou situations)

Nos envies profondes et viscérales sont que chacun gagne…qu’il n’y ait jamais de perdant… Que la Vie ou les événements soient équitables pour tous,

Mais nos vies nous proposent quotidiennement de faire des expériences ou nous devons faire des choix, résoudre des dilemmes qui nous sembleront, parfois, aisés et, parfois, bien plus douloureux, Quelquefois, nous faisons tout pour ne pas avoir à faire de choix, de ne pas prendre position…

Dans le meilleur des cas, nous essayons de faire des compromis, à condition que le dilemme en question soit clairement identifié, Le cas échéant, il signale un déni quand ce choix, ou plutôt, cet évitement de choix (le plus souvent inconscient puisque nous refusons de le voir), nous pousse dans nos retranchements, nous pousse à faire semblant…à faire comme si de rien n’était…laissant la vie, les événements trancher pour nous…..

Ce que je ne sais pas quand je suis dans le déni, c’est qu’un choix sera malgré tout opéré, « toute absence de choix équivaut à un consentement », Mais parfois cela m’arrange, car, se faisant, je me déculpabilise de toute responsabilité.

Cependant et de manière générale, nous voulons faire des choix conscients et motivés par nos envies;

Et, nous voilà à naviguer pour parvenir à un équilibre parfait, A vouloir limiter les pots cassés, les insatisfactions …pour moi et pour les autres…

Et je pagaie….je patauge dans des méandres de questionnements, de tergiversations afin de trouver le bon compromis, J’analyse la situation sous toutes ses coutures, J’essaie de joindre « l’utile » et « l’agréable », autrement dit : de conjuguer les besoins de mon entourage avec mes désirs, De trouver le juste milieu qui équilibre mon embarcation avec les besoins et désirs des autres…tout en respectant les miens…

Et, le temps ou mes expériences ne cessent de me faire pagayer…. Même quand, j’ai le sentiment d’avoir compris quelque chose ou d’avoir agi pour le bien commun….un nouveau dilemme ou une conséquence de mes précédents choix se présente à moi, pour me faire comprendre que quelque chose n’est pas encore à sa juste place,

Alors, je continue à pagayer…et je m’épuise…. Je finis par ne plus savoir quelles sont mes réelles envies ou les véritables besoins des autres…. L’équilibre parfait me semble impossible… Je finis par admettre que je ne peux satisfaire tout le monde,

Que je n’ai de maîtrise que sur mes propres envies et désirs, Que je ne peux agir que dans le sens de ce qui me satisfait…en priorité… Que je ne peux exprimer mon Amour que sur mon propre mode, en fonction de mes valeurs au lieu de constamment chercher à m’adapter aux désidératas des autres Pour ensuite être en mesure d’aider mon prochain et répondre à ses besoins, ses vrais besoins et non ceux que j’ai supposé êtres…

Car, même si je cherche à « aider » mon prochain…avant de m’occuper de moi, parce que cela va dans le sens de mon éducation, de mes convictions ou par humilité… Je finirai par constater que lui seul peut se « sauver », Je peux le conseiller, le soutenir…

Mais s’il préfère faire une expérience différente, s’en sortir seul…refuse une aide qu’il n’a pas explicitement formulée, Et, même si son attitude me semble aberrante et qu’il demande de l’aide tout en la refusant… Je dois me résigner à le laisser faire par lui-même,

Cette notion de perte ou d'abandon se fait flagrante à ce stade, je prends conscience que mes efforts constants à vouloir m’abstraire de mes propres envies et désirs au profit des besoins des autres, que le fait de me préoccuper de contingences extérieures …ne solutionne pas tous les problèmes…. Que mon abnégation et mon humilité ne servent finalement pas à grand-chose,

Pire, je pourrais constater que ma complaisance à vouloir satisfaire tout le monde sur un mode qui ne me correspond pas, ne fait que prolonger une problématique qui n’attend que mon positionnement, ma force de conviction, mon amour que je refrène et témoigne d’une manière qui répond aux besoins que j’imagine plutôt qu’à la manière dont je voudrais le délivrer… et qui représente mon véritable pouvoir !

ET que cet « autre », si j’insiste à vouloir l’aider selon son mode de fonctionnement, finira pas me laisser le sentiment de pagayer dans le vide, De perdre mon temps et mon énergie à vouloir solutionner un problème sur lequel je ne peux rien,

Et alors, je constate que mon sacrifice, mon abnégation à vouloir faire plaisir aux autres avant moi-même (ce qui m’aurait apparu comme une attitude égoïste) ne sert à rien…. Je ne suis pas défaitiste…mais je comprends que chacun est maître de son bateau ! Que je ne peux convaincre personne à faire ou comprendre quelque chose qu’il ne veut pas…même avec les plus belles intentions.

Si mon enfant va mal, mais qu’il s’oppose en permanence à mes conseils, refuse mon aide… malgré tout l’amour que je lui témoigne (selon ce que je crois qu'il attend de moi) je reste impuissant(e), j’ai beau lui proposer toutes les solutions possibles, dépenser des fortunes, me plier à ses exigences pour l’aider à trouver la source du « problème », Je finirais par constater que je ne peux rien faire…. Qu’il me faut accepter une forme de perte, d’abandon….que je dois cesser de lutter inutilement…. Et que la solution est ailleurs….

Notre attitude à vouloir bien faire, nous place dans des situations où nous devenons dépendants des autres, des événements et des circonstances de nos précédents choix (choix eux-mêmes précédemment motivés par des influences extérieures…SIC, joli cercle vicieux),

Notre tendance à vivre nos vies en fonction de ce qui se produit autour de nous, nous éloigne de ce que nous voulons pour nous, de nos vrais désirs…de ce que nous voulons réellement transmette et surtout de notre VRAI pouvoir d’action…

Avec le temps, nous constatons que nous avons mis de côté notre véritable pouvoir d’action et que nous finissons même par ne plus savoir si nous en sommes vraiment capables, Que nous avons déplacé nos envies et désirs en les projetant sur les autres comme s’ils étaient nôtres, nous donnant le sentiment que nous ne pouvions agir que dans le sens influé par la Vie, les autres…

Nous nous sommes tellement concentrés à réagir en fonction de ce que l’extérieur nous proposait, en attendant le « bon » moment pour nous occuper de nous, légitimant notre attitude par des « quand » … « quand les enfants seront grands », « quand j’aurai atteint tel ou tel objectif », « quand j’aurai les moyens »…. « quand j’aurai le temps »…

A avoir l’attitude juste, fruit de notre éducation socio-scolaire et parentale qui revendiquait une « attitude » pas toujours conforme à nos ressentis, mais que nous avons suivie à la lettre, non conscient de ce qui nous semblait juste et convenable pour nous, et qui, au fil des années, commence à révéler ses failles.

Et quand, je me refuse à me préoccuper de moi, en priorité…parce que l’on m’a toujours dit que c’était égoïste, Je perds mes capacités d’actions, je perds « ma valeur ajoutée », mon mode d’expression unique d’amour… Je cède mon Pouvoir personnel, alors que c’est la seule chose que je suis en mesure de maîtriser…

C’est comme le fait de savoir de nous sommes doués pour quelque chose, mais que l’on n’ose pas s’en servir, pensant que cela ferait de nous quelqu’un de présomptueux…quelqu’un d’arrogant, et pour lequel, on ne se sent pas franchement à la hauteur puisque l’on nous a toujours dit quoi faire et comment le faire….

Alors, on préfère le mettre de côté…composer avec ce que l’extérieur nous propose, fonctionnant en réaction aux événements,

Alors qu’en agissant selon nos propres capacités, nos valeurs uniques et personnelles que nous aurions pris soin de développer, pris le temps de nourrir dans la confiance que c’est juste pour nous et profitable à chacun….Et, surtout d’admettre que nous en avions la capacité ! Nous aurions pu solutionner, par des actions concrètes le dilemme en question et faire des choix avisés…conscients et bien plus constructifs.

En clair, quand je reconnais que je suis quelqu’un qui a des capacités d’actions dans un domaine, je dois oser m’en servir, même si cela me donne un sentiment de supériorité, que je n’assume pas et n’ose pas encore revendiquer ! ET l'exprimer, sans me dire « mais, qui suis-je pour oser dire ou faire cela»

Et comprendre que mon mode d’expression sera très différent en fonction de mon positionnement, Est-ce que j’agis selon mes convictions et sur mon mode d’expression ou en réaction au mode d’expression de l’extérieur ?

Il n’en reste pas moins que « Mon » mode d’expression, exprimé en cohérence avec Qui Je Suis est le seul domaine sur lequel je puisse agir …et être efficace…

Sinon….nous ramons…. Nous ne faisons que nous adapter aux événements, aux circonstances….

Laissant notre propre embarcation à la dérive afin d’adapter, d’orienter notre gouvernail selon les flots de ce que les « autres », la « vie » nous propose, Ou nous laisser bercer par les flots en espérant que le vent soufflera et orientera « de lui-même » notre voile dans la bonne direction Naviguant au gré des vents, en suivant les flots nous finissons par perdre notre sens de l’orientation pour nous même,

Ce sens de l’orientation avec lequel je lutte en permanence afin de garder le cap, En négligeant, ma boussole intérieure qui sait dans quel sens orienter sa voile, En oubliant que : quand ma propre voile bénéficie de vents favorables, parce que je l’ai orientée selon ce qui m’importe et a de la valeur à mes yeux ! Je suis en mesure d’entraîner dans cette mouvance l’entourage qui met cher, Et, qui bénéficiera, ainsi, du sillon que laisse mon embarcation,

Alors, inversons ces vents qui ne nous semblent pas favorables,

- Osons orienter cette voile qui nous garantit les vents favorables, en nous recentrant sur nous, en nous faisant passer en priorité, en cessant de modifier l’angle de cette voile en fonction des indications que nous transmettent les autres.

- Osons nous inspirer de notre boussole intérieure et l’ajuster au degré près, ce degré qui nous permet d’exprimer ce petit « je ne sais quoi » qui fait de nous l’être exceptionnel,

Car chacun d’entre nous est exceptionnel, nous avons tous une particularité, un trésor mais, très souvent, nous n’osons pas nous en servir parce nous le trouvons tellement banal ou insignifiant (parce que naturel chez nous) que nous finissons par oublier qu’il est peut être exceptionnel pour d’autres.

- Osons imposer la direction à notre gouvernail, malgré le tumulte des flots et garder le cap contre ces vents et marées qui voudraient nous forcer à capituler, rebrousser chemin, ou nous réorienter,

La vie n’a rien d’un long fleuve tranquille, Si je cède au moindre écueil, à la moindre résistance ou à l’iceberg qui me fait face, Je perds le contrôle de mon navire, « je perds ce Nord » qui est ma destination,

Cette destination que je désire et qui est la consécration de durs labeurs et d’efforts incessants,

Alors, ayons confiance en la force du vent qui pousse mon embarcation dans la bonne direction, si toutefois, j’ose l’orienter dans le sens qui répond à mes attentes, mes besoins …à l’amour qui vit en moi et par voie de conséquences à l’expression de Qui Je Suis et des valeurs qui me sont chères,

Cet être, aussi minable et insignifiant qu’il l’imagine, détient en lui, une richesse, un trésor… que s’il n’ose l’exprimer, l’exploiter…. sera une perte tant pour lui que pour les autres…

L’embarcation qu’il cherche à maintenir à flots, malmenée par des remous incessants, finira par couler en entraînant avec lui ceux qu’il cherchait à sauver, simplement parce qu’il n’a pas osé prendre le gouvernail en main, simplement parce qu’il a laissé les flots envahir son navire par son indécision, par son humilité qui lui disait qu’il ne serait pas assez fort pour tenir ce gouvernail, parce qu’il a pensé qu’un autre passager de ce fameux bateau serait peut-être plus à même de le diriger…

Et au final, si je laisse mon embarcation à la dérive… il n’y aura que des perdants,

Ce que je dois comprendre pour simplifier,

C’est que si j’ose exprimer les valeurs qui m’animent en faisant abstraction des événements extérieurs sur lesquels je n’ai aucune maîtrise,

Je reprendrais le contrôle de mon gouvernail, je reprendrais le contrôle et mes actions seront systématiquement orientées dans les domaines qui m’animent et selon mes convictions propres; Celles-ci auront bien plus d’impacts, de résonance sur moi et mon entourage; M’apporteront bien plus de satisfactions car mes actions seront toujours constructives et dans un objectif d’équité…. Visant « le bien de tous »,

Avec la certitude que j’agis sur les seuls domaines qui sont en mon pouvoir, Que je ne suis plus en réaction mais en actions directes et constructives…..en cohérence avec mes envies,

Ainsi, je peux voguer au gré de Qui Je Suis et m’épanouir…enfin….

Marie Laure

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